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Ceux qui marchent dans la Brume - extrait II

Dernière mise à jour : 2 sept. 2023

Les Hurlements d'Automne - Tome I


Ron et Automne vus par l'ia
Ron et Automne vus par l'ia - par Antho

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Au début, je ne distingue rien du tout, puis un rythme familier m’interloque. Je suis débutante, certes, mais ça, ça n’est pas le son de pattes de loup… Il apparaît soudain dans la veine claire du sous-bois.

Un bipède.

Heu, un homme. Il marche à découvert, seul, un sac à dos à l’épaule. Pas du tout le genre randonneur ou braconnier, cependant. Il n’a pas de chaussures… Pourtant, son pas est assuré, détendu. Il ne porte qu’un simple blouson en toile sur son t-shirt et son jean noirs, usés jusqu’à la corde, mais il ne semble pas souffrir du froid. On devine les muscles solides à travers son aisance, malgré sa minceur. Je vois mal son visage, mais, même d’ici, ses lèvres fines dessinent un sourire narquois. Ses cheveux foncés, très courts sur les côtés, forment une crête hirsute.

À mesure qu’il avance, l’odeur du marcheur emplit l’air autour de moi. À n’en pas douter, c’est un lycanthrope. Il y a autre chose… Je ne trouve pas quoi, j’inspire plus fort. Il sent la fougère, l’ambre et l’os. Ce parfum qui résonne dans chaque fibre de mon corps, pas comme un souvenir, plus fort encore…

Je résiste à l’envie de m’approcher pour en savoir plus. Mon professeur attentionné m’a placée à couvert et sous le vent : tant que je ne fais pas de bruit, l’intrus ne peut pas me repérer. Il s’arrête, pourtant. Il garde les yeux baissés et je suppose qu’il se concentre sur ses autres sens. Sa tête a un léger mouvement de côté et son sourire s’élargit, comme s’il avait entendu quelque chose. Ça n’est pas dans ma direction… A-t-il deviné l’approche de Sven ? Pour ma part, je l’ai perdu d’oreille depuis belle lurette…

Plus j’observe cet inconnu, plus il m’intrigue. Sa façon de bouger m’hypnotise, différente de tout ce que j’ai pu voir, même chez de grands sportifs. Souplesse, précision, mais aussi une nonchalance particulièrement incongrue, au cœur de la forêt par seulement six degrés. Il s’immobilise et s’adresse à l’obscurité presque en murmurant, d’un grondement profond et rauque, comme s’il n’avait pas parlé depuis longtemps.

— Tu as besoin de moi, oui ou non, gamin ?

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